Pour un networking à visage humain

Le mot lui-même y est sans doute pour quelque chose : networking. Il a quelque chose de mécanique, d’à la fois anguleux et élastique, pour un francophone. La notion de réseau qu’on entend dans sa VF « réseautage » n’est pas forcément plus avenante : les réseaux, ce sont ces cercles mystérieux et influents où l’on considère généralement qu’on n’a pas été assez admis… à moins d’y regarder de plus près et de voir qu’on ne fonctionne qu’ainsi, par cercles, réseaux d’appartenance. Puis, le networking semble parfois souffrir de ce côté forcé, artificiel, voire désincarné qu’on lui prête ; combien de contacts LinkedIn ont été ajoutés par automatisme, à partir de demandes émanant d’individus jamais même croisés, ou avec lesquels on n’a pas réellement parlé ?

 

Les bonnes manières, jamais, tu n’oublieras !

 

Quelle part de nos contacts LinkedIn se compose de relations plus ou moins abstraites, d’ajouts ou d’acceptations faits un peu au hasard, dans l’espoir de gonfler le nombre de relations ou d’un éventuel futur projet resté au stade de chimère ? Passées les quelques dizaines de personnes réellement connues ou fréquentées, le reste se résume la plupart du temps à un assemblage de semi-inconnus et de fonctions ou domaines similaires ; le genre d’équation qui mène rarement à un résultat concret.

Le paradoxe est là puisque personne, même – et surtout – parmi les détracteurs de l’ère numérique, ne contestera le fait que les réseaux sociaux sont pourtant humains, trop humains : on y pratique une communication plus relâchée, dans la forme et dans le fond, même avec de vagues connaissances ou des inconnus. Ou bien au contraire une communication institutionnelle un peu guindée qui, du coup, attire les esprits moqueurs. Le networking ne permet pas d’approximations, entre trop et trop peu. Comment s’adresser ou écrire à quelqu’un qu’on connaît mal, qu’on vient à peine de rencontrer ? Avec les formes, ou de façon informelle ? Avec ou sans smileys ? Si le contexte de la relation et le milieu fournissent des indices, ils ne garantissent pas pour autant qu’on s’adresse de manière adéquate à une personne. Parce qu’il faut trouver la bonne distance entre utilitarisme et sincérité : parleriez-vous de cette manière à la personne si elle était en face de vous ? Probablement pas ? Alors n’hésitez pas, conservez absolument ce respect, cette pudeur et cette bienveillance dans les échanges entamés. Surtout, rencontrez-la.

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Être humain, ici, c’est sans doute conserver certains filtres, et se rappeler qu’un réseau social est avant tout un moyen, non une fin ; une occasion de prendre langue, à condition de ne pas se muer en simple collectionneur de contacts sans lendemain. Être humain, c’est aussi et surtout ne pas se limiter aux échanges virtuels : si MySphere cherche à connecter immédiatement des professionnels qui se trouvent au même endroit, c’est parce que ce contact humain-là est celui qui peut rester. Celui aussi qui permet de comprendre la bonne distance à adopter, en temps réel, en face-à-face : on n’a pas besoin d’humaniser un rapport humain, et l’on ne peut jauger de la valeur d’une relation tant qu’elle ne s’est pas incarnée. Un ou deux contacts véritables valent plus, en termes de networking, que deux cents contacts LinkedIn sans substance, sans échange.

 

À l’ère du tout virtuel… un peu de réel que diable !

 

À rencontre concrète, projets concrets ; à relations virtuelles, projets en pointillés… Le véritable networking, celui qui ne s’embarrasse même plus du mot lui-même, se réalise ainsi dans les rencontres. On connaît quelqu’un, et le « réseautage » ne se limite plus à être un vilain calque de l’anglais dont on essaye de cerner les bonnes pratiques ; il fait appel à une forme de spontanéité maîtrisée, d’ouverture à l’autre, qui se soucie avant tout du rapport humain, tout en rapprochant l’horizon d’un projet commun. Les calculs byzantins consistant à deviner comment obtenir quelque chose de l’autre, ou ce que l’autre cherche à obtenir de nous, n’en sont pas pour autant éliminés. Mais en se connaissant, en s’appréciant au sens premier du mot, on comprend intuitivement quel rythme donner à cette relation qui se situe quelque part entre la relation professionnelle et la relation humaine, voire amicale. On s’entend sur ce dernier terme : c’est qu’il faut, oui, prendre intérêt à l’autre, s’en soucier en premier lieu. Pas seulement paraître désintéressé, ce qui serait sans doute contre-productif à terme, mais se demander d’abord ce que l’on peut faire pour cultiver cette relation, avant de savoir ce que l’on peut en retirer. “Donner, ne pas prendre”. Pour ces raisons, la force d’un réseau se mesure à la qualité des relations tissées plutôt qu’à leur quantité. Comme dans toute relation humaine, la confiance réciproque est le ciment d’un réseau de qualité. Il faut pour cela laisser du temps au temps, ne pas griller les étapes.

Se mettre en avant est tentant, tout comme mettre en avant des relations prestigieuses ; c’est cela aussi que proposent les réseaux sociaux, une mise en valeur de soi, une communication personnelle. Là encore, est-ce plus productif qu’un contact de qualité, une discussion franche, respectueuse ? Probablement pas. Le XVIIème siècle mettait en valeur les qualités de « l’honnête homme » ; il n’est pas dit que le XXIème siècle ne sache pas s’en inspirer. Parmi ces qualités, on trouvait l’art de la conversation, et un idéal dont Pascal cernait les limites avec son fameux «le moi est haïssable». On n’ira pas jusqu’à prôner une telle maxime pour le networking, mais s’imaginer qu’une rencontre est l’occasion d’étaler son éventail de qualités et de relations n’est clairement pas le meilleur moyen de s’attacher les suffrages.

Le digital, un moyen pas une fin !

 

MySphere se propose comme un outil réactif, agile, pas comme un système de ventes par catalogue de profils avantageux. Plus la rencontre est honnête, plus elle rappelle à chacun que ces quelques contacts, plus rares, sont plus précieux. Lorsqu’on promeut un networking à visage humain, on se propose de dépasser la persona que chacun donne à voir sur un réseau. Le « networker » n’est plus cette créature digitale à laquelle on ne doit rien, mais un visage humain, qui interagit, et dont l’existence numérique n’est qu’une étape dans l’établissement et l’entretien d’une relation plus profonde. Seulement, de même qu’accumuler les contacts LinkedIn se révèle souvent peu efficace, additionner les cartes de visite ressemble à une pratique ancestrale équivalente. Il faut plus.

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Il est question d’état d’esprit, voire de valeurs communautaires. Vouloir se servir de ses contacts avant d’avoir proposé une perspective commune : voilà qui n’entre pas dans la démarche altruiste qui fait progresser un réseau. Le networking, c’est participer à une communauté, lui donner des buts communs, des possibilités de collaborer et faire partie d’un ensemble dont le partage est le maître-mot, plus que l’intérêt. Lorsque vous évaluez un réseau existant, l’idée centrale demeure d’en comprendre la qualité, d’évaluer celle de vos relations, et leur pertinence. L’idée de MySphere, c’est d’étendre ce réseau en multipliant des contacts, afin de fixer avec plus de précision les objectifs atteignables, et les étapes intermédiaires. C’est s’accorder la possibilité d’une opportunité inattendue, mais surtout d’un enrichissement au contact de professionnels de votre secteur, de nouvelles idées et ressources pour ces mêmes objectifs.

Engagez-vous réellement, avec sincérité !

 

On y revient : le visage humain, celui de l’autre dont on saisit les inflexions, attitudes et perceptions. Le simple échange est un enrichissement que le virtuel ne permet pas de percevoir, parce qu’il est un moyen, une utilité. Si l’on doit donc se rappeler que les réseaux sont un moyen, il convient de ne jamais oublier que la rencontre est une fin, provisoire certes. Un aboutissement. C’est pourquoi on ne saurait l’aborder comme un simple moyen d’obtenir quelque chose.

Humaniser le networking, c’est aussi se montrer généreux, curieux, et capable de lier les divers contacts de votre réseau pour le resserrer plus étroitement, dynamiser les échanges et en devenir le centre. On vous saura gré de cette capacité à accélérer les rencontres et à démultiplier vos expériences ; à vous, probablement, les nouvelles opportunités. Avec MySphere, vous restez ouvert aux occasions de rencontre que le quotidien permet, vous allez au-devant des événements présentiels, dont le but est généralement d’arriver à susciter deux ou trois rencontres vraiment intéressantes, au milieu de la foule. Il s’agit de provoquer ces rencontres dans un cadre qui, justement, offre plus de souplesse : partir d’une rencontre réelle pour déclencher des échanges et entraîner d’autres rencontres. Développer un réseau relationnel de manière impromptue et vivante, pour y faire valoir des qualités qui ne sont pas, on l’a vu, celles d’une bête de scène, mais au contraire celles d’un professionnel capable d’échanger simplement, constructivement et de s’intéresser à l’autre. Le networking à visage humain c’est d’abord celui qui a un visage, une présence.

Et surtout, pensez à long-terme !

 

« Des liens durables dans un but de coopération avec des objectifs précis » : l’idée, ici, est bien de passer de l’assemblage évoqué plus haut à l’alliance. Au fond la définition du networking ressemble à celle d’une alliance stratégique, définie par des affinités. Il n’y a pas si loin à celle de l’amitié, qui est un autre genre d’association, d’interaction humaine. Alors non, bien entendu, le networking, ce n’est pas la recherche d’amis, ou la satisfaction d’un ego ; c’est la recherche d’alliances solides, durables, de partenaires qui vous aideront à vous développer, parce que vous aurez fait de même pour eux. Parce que votre réussite sera aussi la leur.

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  • Ne pas penser que s’éloigner un instant de ses schémas et objectifs pour  écouter, c’est perdre son temps. Réaliser à quel point cela peut être productif.
  • Chercher aussi le bénéfice pour l’autre, les intérêts communs.
  • Ne pas calculer ce que l’on donne, rester disponible…
  • Rester maître de soi, de son image, être cohérent, tenir ses engagements.
  • Être ouvert, transparent, réactif.

La plupart des conseils qui reviennent tombent sous le sens. Sont-ils pour autant mis en œuvre, pour changer l’image du networking ? On est par définition un intrus quand on pénètre numériquement dans la vie d’un autre. Un fâcheux, pour revenir au XVIIème siècle. On l’est beaucoup moins lorsqu’on se montre d’emblée ouvert à l’idée de la rencontre. Networker, réseauter, certes, mais sans masque.

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  1. Nathalie - le Friday 23 March 2018 à 09:51 Répondre

    Excellent article ! Un peu d’Humanité dans nos quotidiens Merci !

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