Recrutement : Marché caché, marché fermé…

Il n’est presque pas besoin de brandir une statistique pour s’en convaincre : la plupart des emplois, particulièrement les plus recherchés comme ceux de cadres ou managers, ne font jamais l’objet d’offres ouvertes. Ni, en somme, de compétition légitime. La statistique, toutefois, quantifie une réalité qui n’a échappé à personne pour en montrer l’ampleur : 70% des offres d’emploi ne sont tout simplement jamais publiées – sans même parler de celles qui le sont purement pour la forme. C’est le marché caché de l’emploi, celui qui concentre aussi les postes les plus convoités. Ne devrait-on pas, pour ces derniers, se dire que le mérite, la valeur d’un candidat priment sur tout autre critère ? Que les ressources humaines se délestent un peu facilement de leur travail pour se reposer sur le fameux réseau, les connaissances, l’entre soi ?

 

Certaines entreprises, notamment en Amérique du Nord, encouragent pourtant le phénomène, à l’heure même où la situation de l’emploi se trouve dans un état de tension extrême dans nombre de pays développés. Elles peuvent ainsi accorder une prime aux salariés qui recommanderont des connaissances pour un poste à pourvoir. Par-delà l’adéquation à la culture d’entreprise locale, on peut aisément comprendre l’avantage qu’elles y trouvent. Ne préfère-t-on pas travailler avec des gens que l’on connaît, dont on se sait assuré, et dont la venue réjouira – à plus d’un titre donc – d’autres salariés ? Mais ce réseautage d’entreprise ferme la porte à tous les autres. Pire, il renforce l’impénétrabilité du cercle : à celui qui a fourni la recommandation vont la prime et la possibilité d’attendre en retour un geste semblable, le moment venu. Tout système a ses effets pervers, et celui-ci a le tort de créer un premier niveau de discrimination à l’embauche, qui précède les discriminations plus évidentes, lesquelles n’ont guère tendance à s’estomper, elles non plus. Tout cela participe de la fameuse reproduction des élites, selon une logique d’entraide au sein de petits groupes qui se refilent les bons plans, avec peut-être les meilleurs intentions du monde, mais aussi une parfaite bonne conscience qui peut agacer, quand les compétences sont à chercher partout.

 

Les dés sont pipés, se dit-on lorsqu’on reste du mauvais côté de la porte. Il y a ceux qui se résignent et s’agglomèrent sur les offres restantes et réelles ; puis les combatifs qui décident d’entrer dans le jeu et de « faire du réseau ». Événements networking, discret démarchage de proches, de confrères, médias sociaux (surtout chez les plus jeunes) le permettent, dans une certaine mesure. Ainsi selon le ‘Rapport RED’ annuel de Tempo Team, 38% des employés auraient indiqué avoir réseauté de manière plus efficace grâce à ces derniers. Mais là encore, une erreur de « dosage », une approche un peu trop ouverte, et c’est une porte qui se ferme, peut-être pour toujours.

 

Personne ne contestera alors, même probablement parmi les bénéficiaires du système qui disposent d’un joli carnet d’adresses, la nécessité de migrer d’un networking d’opportunistes à un networking d’opportunités, plus sain et porteur de valeurs business. Aujourd’hui, le networking tel qu’il est pratiqué fonctionne selon des principes archaïques, qui ne tiennent pas vraiment compte de l’évolution des professionnels. Les talents sont partout, et tout le monde bénéficierait alors d’une “ouverture” du networking basé sur la méritocratie, le talent et les synergies de compétences, plutôt que sur les connivences. MySphere – Instant Business Networking, c’est précisément l’incarnation de cette volonté de libéraliser le networking. De le décloisonner. De l’ouvrir à l’opportunité ; en somme, de réconcilier networking traditionnel (réseaux d’anciens par exemple) et réseautage réel, créateur d’opportunités instantanées. Le tout au travers d’une App qui connecte de façon informelle et immédiate ceux qui veulent l’être, qu’ils soient recruteurs, recrutés, partenaires, investisseurs ou simples relations. Car l’un des enjeux est justement ce caractère informel, direct, décomplexé.

 

Il n’est pas erroné de dire que le networking comporte ses zones de malaise, parfois difficilement supportables. Le sortir du petit royaume où les privilèges de certains l’ont confiné, c’est aussi et peut-être surtout le moyen de le rendre plus chaleureux, humain, sincère. D’y neutraliser les petits complexes (ne suis-je pas importun ? trop ceci, trop cela ?), parce que tout le monde pourra y prendre sa juste place à la table, démultiplier ses contacts et voir son mérite aussi nettement considéré que sa sociabilité ou ses pistons. Et si la technologie mobile permettait de promouvoir un monde professionnel plus égalitaire, et surtout de le faire avec une facilité déconcertante ? La fin du piston, vraiment ? Nul doute que plus de 70% y souscriraient…

 

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