L’Art du Networking : nos Dix Commandements

« Networker », ou réseauter, cela s’apprend, comme tout le reste. Seulement cela s’apprend sur le tas, de manière empirique ; l’université ne propose pas encore de Master en networking, même si cela devrait bien finir par arriver un jour. Le web fourmille dès lors de conseils sur le sujet, de listes et modes d’emploi pour néophytes, visant à décomplexer ceux qui décident de se lancer plus sérieusement dans l’enrichissement de leur réseau.

En somme, lorsque chez MySphere, nous proposons ici nos dix commandements du networker, on ne s’imagine pas réinventer la roue. Mais on s’essaye, parce que cela semble essentiel, à situer les pratiques dans un cadre plus global, à les inscrire dans une vision.

Networking, lui définir une vision…

Si l’on évoque une « vision » ces temps-ci, la probabilité est réelle de s’entendre répondre « Qui ça, le personnage Marvel ? ». Est-ce parce que le mot résonne trop fort qu’on en perd l’usage ? La vision doit souvent s’effacer devant le pragmatisme ; il ne faudrait pas avoir l’air grandiloquent. On peut pourtant être porté par une vision, par des valeurs, sans perdre le réel de vue, et sans boursouflure.
N’est-ce pas même nécessaire, lorsqu’on propose un nouveau concept, une nouvelle approche ?

Les bonnes pratiques découlent d’une croyance, d’une volonté, d’une forme de foi : ici, pour ce qui nous occupe, celle qui consiste à savoir s’accorder aux autres dans un cadre para-professionnel, en sortant de sa zone de confort.
Ici, donc, la vision du networking se fonde sur des valeurs humaines qu’on ne peut pas laisser au bord du chemin, quand bien même il entre une part d’utilitarisme dans le networking. Le réseautage, c’est une façon de s’accorder à l’autre à tous les sens du terme : se donner, se mettre en accord, chercher une forme d’harmonie et travailler de concert.

Les « règles » que l’on énonce ci-dessous émanent donc de ce souci. Elles n’ont rien d’intangible, ou de révolutionnaire. Mais elles se soucient de respecter aussi bien ceux qui les suivront, que les personnes qui leur feront face.

“Que puis-je apporter à mon réseau ?”

1/ Donnez, avant de prendre
Demandez-vous : “Que puis-je apporter à mon réseau ?”, avant de songer : “Qu’est-ce que mon réseau peut faire pour moi ?” Certes, il faudra bien que tout cela vous profite un jour. Mais il n’existe rien de plus crispant que de faire sentir à ses relations qu’on attend d’elles un retour sur investissement rapide.

2/ Cherchez les intérêts communs
Connectez votre réseau via des projets communs, trouvez des points de convergence, réunissez des talents et des énergies. Fédérer, c’est moins entraîner à sa suite que regrouper autour de soi, dans un but commun.

3/ Investissez-vous dans les relations qui comptent…
Fixez des objectifs, des attentes. Investissez-vous dans les relations importantes, fidélisez-les. Tenez vos engagements.

4/… et sortez des autres
Faites des choix, focalisez-vous sur les relations fondées sur la réciprocité, et laissez de côté celles qui semblent ne pas vous convenir.

5/ Ne comptez pas votre temps
Vous détestez perdre votre temps ? Comme tout le monde. Mais le networking n’est pas une perte de temps : dégagez-vous des moments à lui consacrer pleinement. Restez ouvert aux rencontres qui peuvent naître au quotidien.

6/ Ne collectionnez pas les « conquêtes », et évitez l’ego-trip
Comme dans bien des domaines, la qualité prime sur la quantité. Envisagez les relations dans leur durée, pas en mode « speed networking ». Que penser d’une relation qui se prévaut… de ses relations ? Qu’elle n’a pas grand-chose d’autre à faire valoir, sans doute.

7/ Maîtrisez votre image
Vous êtes le visage de votre projet professionnel. Restez cohérent, mesuré, aussi bien dans vos remarques que dans vos interventions sur les réseaux sociaux (Internet a une mémoire d’éléphant, songez aux mésaventures de quelques-uns…).

8/ Privilégiez le contact réel
Cela semble une évidence et pourtant combien de relations stagnent dans le virtuel… Rencontrez les autres, vraiment. Rien ne saurait remplacer cette interaction.

9/ Trouvez la bonne distance
Il faut sentir comment l’on doit s’adresser à quelqu’un. Il ne s’agit pas de le « cerner » mais de le respecter, en adoptant un mode de communication qui le mette à l’aise.

10/ Restez disponible
« Je reste à votre disposition… » : la formule est usée jusqu’à la corde, mais assez peu pratiquée. Ne laissez pas se distendre une relation et songez que l’on peut (presque) toujours accorder un peu de temps à quelqu’un.

 

 

Voici donc dix règles dont on peut affirmer sans trop risquer de se tromper qu’elles sont valides pour le Networking… Mais aussi pour tout échange humain, pourrez-vous nous rétorquer. Oui, et cela pour une raison simple : le networking EST un échange humain.

De même que le management, qui suppose une certaine science des comportements, une lecture des psychologies et la prise en compte d’autres subjectivités, le networking exige des qualités avant tout humaines. Ou, plus que des qualités, une attitude. De la compréhension, de l’intelligence relationnelle, un peu d’intuition, de tolérance et de patience.

Pensez à Philinte, s’adressant à Alceste au début du Misanthrope : « (…) quand on est du monde, il faut bien que l’on rende Quelques dehors civils que l’usage demande. »

Certes, le personnage de Molière tente alors de raisonner son irascible ami en l’invitant à moins de radicalité, à plus de concessions, et non de lui dicter un top 10 des règles de conduite lors d’un événement… Mais il évoque aussi, au passage, un certain « flegme » plutôt malin, qui peut se révéler utile pour le networker d’aujourd’hui, pas moins faillible, humain ou ambitieux que l’homme du monde l’était autrefois.

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  1. Louis - Tuesday June 12th, 2018 at 05:37 PM Reply

    Post simple , efficace et drôle 🙂 Merci à la team MySphere vous sa prose !

  2. Emmanuel - Thursday June 28th, 2018 at 09:53 PM Reply

    Merci Pierre Yves.
    Excellent article !

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