N’enterrons pas trop vite le rendez-vous d’affaires…

Le réel n’est pas encore une lointaine carte postale, reliquat d’un monde défunt… Jusqu’à preuve du contraire nous y vivons tous, même les yeux rivés à l’écran d’un smartphone une heure par jour – 1h08 pour être précis, selon une enquête OpinionWay, soit à peine moins que les 1h16 passées sur les réseaux sociaux par les Français, en moyenne. C’est toujours là que se nouent véritablement les contacts, que le business réel a lieu, et, surtout, que la confiance s’enracine. Si l’on se souvient d’une poignée de main, pas sûr qu’on se rappelle d’un ajout de relation ; si l’on peut se fier au sentiment né d’une rencontre, pas certain qu’on prête foi à la rhétorique ornée d’un email. Les sens se souviendront toujours mieux d’une entrevue, indiquent sans réserve tous les experts de l’activité cérébrale. C’est un fait scientifique : l’interaction en chair et en os n’a pas trouvé avec l’arrivée du numérique de véritable concurrent. Les rapports humains ne se dématérialisent pas aussi facilement que la musique ; leurs « supports » font l’essentiel du travail, même chez les nouveaux nomades, ces quelques 5 milliards d’êtres humains qui gravitent désormais sur l’internet mobile (la proportion est presque semblable en France avec 60% de la population).

En dépit des prophéties apocalyptiques, le nouveau monde n’affronte donc pas l’ancien. On le sait, il lui ouvre de nouvelles voies de communication – comme l’on ouvrait autrefois de nouvelles routes commerciales -, qui ne visent pas à transformer l’homme moderne en otaku prisonnier d’un écran orwellien, privé de relations sociales. En termes de business aussi, le virtuel tend ainsi à devenir un accélérateur de rencontres réelles, et donc d’affaires. Les opportunités sont également là, désormais, tout comme les clients, les fournisseurs, les prestataires, bref l’ensemble du réseau. L’enjeu de premiers contacts établis via des réseaux sociaux est au fond toujours le même : transformer l’essai et incarner la relation, lui donner une suite tangible.

De là l’idée d’instant networking, lequel consiste non seulement à rencontrer des professionnels inspirants, mais surtout à le faire à tout moment, en optimisant chaque moment de mobilité pour développer son réseau et s’ouvrir à l’inattendu, à la bonne surprise, en saisissant le kairos – l’instant opportun. On peut avoir le monde entier dans son réseau LinkedIn sans avoir une seule offre concrète, de même qu’on pouvait autrefois lancer une invitation à dîner sans jamais même songer à la concrétiser. Le temps est long, dans cette optique, avant que les potentielles opportunités business dépassent le stade des intentions. Tandis qu’avec l’instant networking, en quelques minutes, sur une inspiration, un enthousiasme ou par le fait du hasard, une rencontre improvisée peut libérer des énergies, donner naissance à des idées et véritablement enclencher une dynamique de fond. L’enjeu du virtuel demeure ainsi l’accès au réel, à tout instant, en tout lieu, pour le professionnel comme pour tout un chacun. Et il y a peu de chances que cela change un jour.

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